A la une :

La Damassine – Notes et compilation bibliographique

A. Le contexte

Je suis originaire de Villars-le-Sec,  village franc-comtois frontalier du canton du Jura en  Suisse, où le prunier Damassine (aussi appelé damassinier) prospère bien, tout comme en Ajoie en Suisse. Dans ma jeunesse, j’ai ramassé des quantités de damassines pour les mettre au tonneau et mon père, au moment de Noël distillait religieusement cette goutte très parfumée (Fig1). Mon père, qui était assez chauvin sur le sujet,  affirmait qu’on ne trouvait des damassines qu’en Ajoie. Ceci, c’était bien avant l’époque du grand engouement des ajoulots pour la damassine et son eau-de-vie réputée donc bien avant l’histoire de l’AOC.
La Damassine est donc mon fruit fétiche.

Maurice BIDAUX se prépare à distiller

Fig.1 Maurice BIDAUX se prépare à distiller. L'alambic était installé dans notre ancienne écurie à cochons. Cette photo illustre la page de couverture de son livre "Contes et Secrets autour de l'alambic" publié en 1980.

B. L’appellation Damassine

Naguère, on appelait damassine aussi bien l’eau de vie, l’arbre ou ses ses fruits (Fig.2). Selon le contexte on se comprenait.

Depuis que l’eau de vie de damassine est devenue une AOP en Suisse, le mot damassine ne peut plus désigner le fruit qui s’appelle, officiellement aujourd’hui:  « Damasson rouge » tout au moins en Suisse.

Plus récemment, Damassine est devenu le nom de baptême d’un centre culturel récemment construit à F-25320 Vandoncourt1 , village voisin d’ Abbévillers. Ce centre est géré par l’Association « Vergers Vivants ».
Damassine est un prénom féminin assez usité de 1750 à 1900 et encore attribué aujourd’hui mais rarement.
Damassine, c’est aussi un catamaran. Il naviguait aux Philippines en Juin 2011.
Le « Damassine Tour » est un Festival rock itinérant.
Il n’y a donc pas que moi que la damassine inspire.
Après ce petit détour au royaume du rock et de la voile, revenons à la prune appelée Damassine.

Fig.2

Fig.2 Branche fruitière beaucoup trop chargée de fruits à F-12510 Olemps le 17 juillet 2010. En 2011, cet arbre n'eut aucun fruit.

Internet ne manque pas de descriptions assez variables, mais pour faire court on peut résumer comme suit :
La damassine est une prune ronde ou à peine ovale, de taille moyenne, ressemblant à une mirabelle mais de couleur plutôt rose-rouge à peau très pruinée de bleu (Fig2,3), à chair jaune ou jaune-verdâtre. Le noyau est plutôt plat et n’est pas adhérent. Le fruit est très gouteux, acidulé et long en bouche.

Fig.3 - Damassines issues de franc, juste ramassées, à destination d'une tarte le 9 Août 2007 à Villars-le-sec. Noter la belle pruine bleue assez varaible d'un fruit à l'autre.

Fig.3 - Damassines issues de franc, juste ramassées, à destination d'une tarte le 9 Août 2007 à Villars-le-sec. Noter la belle pruine bleue assez variable d'un fruit à l'autre.

Bernard Vauthier, dans son superbe dernier livre
« Patrimoine Fruitier de la Suisse Romande »
rapporte de façon très détaillée l’usage de l’appellation Damassine.
Son texte étant particulièrement documenté, je le cite ci-dessous avec sa permission car on ne peut vraiment pas écrire mieux :

Appellation Damas ou Damassine (Page172 -Source19b= S19b)
Début de la citation de B. Vauthier sur l’Appellation Damas ou Damassine:
L’adjectif damascena, soit « de Damas », désigne des prunes dès le premier siècle dans l’Europe du Sud. Il a été adopté par les langues italienne, espagnole, française, allemande et anglaise. En français, on dit « damascène » ou « damassine ». Trois émines de prune Damezonnes sèches et de prunes Damesines sont inventoriées en 1728 à Lessoc et 1757 à Montbovon. Un prunier de Damassine est réservé en 1743 à Epauvilliers. Des prunes de Damas sont maraudées en Août 1797 à Grandfontaine. Des prunes Davenne, Davanne ou Daverne (le « r » est adventice), dont le nom a évolué par le bas latin, sont attestées vers 1900 dans le Jura, le Lyonnais, la Marne , l’Orléanais, et la Suisse Romande. En 1901 l’appellation Damassine est pratiquée à Oron, Aigle, Montbovon et au Pays-d’Enhaut. En patois ajoulot, on dit Danmé, Damaîe ou Démè pour le « Damas » soit la prune Rouge.
Les prunes de Damas de couleur rouge sont vraisemblablement moins anciennes que les noires. Se distinguant aisément du reste de l’assortiment, elles ont été souvent désignées par ce simple caractère. On les appelle Damassine dans le Chablais, en Gruyère, le Canton du Jura et à Savièse. Ailleurs on dit prune Rouge ou Bacon.

Vers l’an 70 de notre ère en Italie, les prunes de Damas sont peu charnues à noyau relativement gros mais rien n’est dit de leur couleur. Il existe des prunes pourprées mais elles sont moins estimées que celles de couleur noire ou jaune cire. En France, en 1586, la prune de Damas est de couleur noire et fort estimée. Vers 1600, les Damascena sont noires, bleu-noir ou verdâtres. En 1748 à Neuchâtel, on peint un Damas violet, une Damassine noire et un Damas blanc. En 1901, les Dévienne (prononcer Dévi in ne) des Franches Montagnes et du Sentier, ainsi que la « Dôvèrn » du district de Courtelary sont des petites prunes noir-bleu ; la « Dovanne » est une grosse prune noire à Damprichard (Doubs). Les appellations Davanne, Daverne et Dovanne sont également appliquées à des fruits noirs respectivement en Haute-Saône (Bas-Salon), dans le district de Boudry (voir Michelette) et dans l’ancien Jura Bernois. La Daumaie est un fruit noir en 1980 à Villars-le-Sec, localité française voisine de Bure. A Fournet-Blancheroche (Doubs) la davanne est le fruit bleu-noir de l’airelle des marais. En Haute-Savoie, le Damas est également noir en 1906.
Fin de la première citation de B. Vauthier sur l’Appellation Damas ou Damassine.

Appellation Prune Rouge, Rougette, Berudge, Damassine, Baconne (Page181 -Source19b)
Début de la citation de B. Vauthier sur l’Appellation Prune rouge….

Cette variété constitue une population.
On dit prune Rouge actuellement à Mutrux et Plagne et en 1901 à Séprais ; Bloûche Rouge en Ajoie ; Bérodze vers 1930 à Novalles, Bérudge à Corgémont, Loveresse, Plagne et dans la région Neucâteloise, le Vallon de St-Imier et au sud du lac de Neuchâtel ; Bérouge dans le canton de Vaud, la Broye et jusqu’au château d’Oex ; Béruche à la Heutte ; Béruge a La Neuville ; Rodzette à Troistorrents, naguère à Vouvry et en 1901 à Chambéry, Oron, Vuionnaz et Les Posses-sur-Bex, Rougeotte à Damprichard et Indevillers (Doubs) et Rougette à Fenalet-sur-Bex.

En 1748 à Neuchâtel, les prunes rouges communes sont d’un beau rouge cerise, s’ouvrant net comme le Damas.
En 1739 à Soubey et 1655 à Court, un belorsier de Prune Rouge et un Rouge Prusnier font l’objet de réservations

On dit Damassine à Chatelat, Sornetan, en Ajoie, dans le Clos du Doubs, la vallée de Délémont, le Pays de Montbéliard et le Territoire de Belfort (Vandoncourt, Montbouton), où cette appellation prévaut déjà vers 1900.
On dit Damaizone à Aigle, et Yvorne (Chablais Vaudois), dans le premier cas pour un fruit venant de Vert-Cort sur Corbeyrier et ayant prune à Cochon pour synonyme.
On dit Amiséné pour une petite prune rouge naguère à Savièse et Damijéna pour la prune rouge commune vers 1880 en Gruyère
On dit Biaconne à Bioley-Orjulaz (voir appellation Bacon) ainsi que Bacouène à Fresens, Provence et Sauges près St-Aubin pour un fruit prétendument un peu plus gros et plus ferme que la Bérudge, moins apprécié pour la confection d’eau de vie et qu’on apprête sous forme de tartes. Curieusement, on dit prune Amoureuse à Lugrin, au Sud du Léman.
Fin de la seconde citation de Bernard. Vauthier

C. Description pomologique

Une description botanique et pomologique plus détaillée sera ultérieurement postée sur ce site après la saison 2012. Pour ce faire je prévois d’utiliser les critères et caractères distinctifs décrits par Hubert Cavaillet dans son livre « Variétés anciennes de pruniers domestiques ». (S29)

C1. L’arbre

Ce prunier est traditionnellement franc de pied mais il est beaucoup greffé aujourd’hui. Il ressemble globalement à un mirabellier (Prunus insititia). Il est assez voisin aussi du prunellier (Prunus spinosa) et fleurit précocement au printemps en même temps que lui.(Fig.11) J’ai déjà vu de la neige sur ses fleurs sans que la fructification ne soit trop altérée. Le vent du Nord  -la bise –  ne lui fait pas peur.
Le jeune arbre franc de pied – issu de drageon – porte beaucoup d’épines, tout au moins dans son jeune age. S’il ne voit pas le sécateur, le damassinier serait plutôt fermé et buissonnant, mais on peut le conduire en gobelet avec un puits de lumière au centre. Bien qu’il ne soit pas très vigoureux,  il peut néanmoins vieillir et dépasser 100 ans.
Traditionnellement, le damassinier était cultivé en situation de pré-verger (Fig4). Plus récemment, l’engouement pour ce fruit est tel qu’on le plante à haute densité dans de grands vergers en Ajoie et ailleurs en Suisse Romande pour la fabrication d’eau de vie.
Ainsi à Bure en Ajoie, le moindre espace libre autour des maisons est aujourd’hui planté en damassiniers (Fig. 5-6-7).

Fig.4 - Damassiniers en situation de ré-verger à La Baroche. A remarquer les barrières en bois pour protéger les arbres contre le bétail.

Fig.4 - Damassiniers en situation de pré-verger à La Baroche. A remarquer les barrières en bois pour protéger les arbres contre le bétail.

Fig.5 - A Bure, tout près d'une ferme, un coin de pature avec de jeunes damassiniers plantés assez serrés. La bâche bleue permet de ramasser des fruits propres.

Fig.5 - A Bure, tout près d'une ferme, un coin de pâture avec de jeunes damassiniers plantés assez serrés. La bâche bleue permet de ramasser des fruits propres.

Fig.6 - Dans le village de Bure, pas de place perdue autour es maisons. Le moindre espace est planté de damassiniers.

Fig.6 - Dans le village de Bure, pas de place perdue autour des maisons. Le moindre espace est planté de damassiniers.

Fig.7 - Jeune verger au milieu du village de Bure. Les damassines, tombées de la veille, sont ramassées tous les matins, à destination du tonneau.

Fig.7 - Jeune verger au milieu du village de Bure. Les damassines, tombées de la veille, sont ramassées tous les matins, à destination du tonneau.

Fig.8 Très vieux damassinier dans une pâture à Villars-le-Sec. Cet arbre était déja adulte quand j'étais enfant. C'était un bon clone avec de gros fruits. Il a subit des dégats de chevaux mais il est toujours là. En arrière-plan, le finage de Bure en Suisse avec les batiments d'un camp militaire que tout le monde appelle "Les Blindés".

Fig.8 Très vieux damassinier dans une pâture à Villars-le-Sec. Cet arbre était déjà adulte quand j'étais enfant. C'était un bon clone avec de gros fruits. Il a subit des dégâts de chevaux mais il est toujours là. En arrière-plan, le finage de Bure en Suisse avec les bâtiments d'un camp militaire que tout le monde appelle "Les Blindés".

Fig.9 - Vieux damassinier à Villars-Le-Sec qui connait une nouvelle jeunesse grâce à la repousse de réitérations.

Fig.9 - Vieux damassinier à Villars-Le-Sec qui connait une nouvelle jeunesse grâce à la repousse de réitérations.

Fig.10 - Jeune damassinier greffé dans le verger de mon frère Alain. Noter la vigueur de l'arbre, conduit en gobelet.

Fig.10 - Jeune damassinier greffé dans le verger de mon frère Alain. Noter la vigueur de l'arbre, conduit en gobelet.

Fig.11 - Ma haie de damassiniers dans mon jardin à F-12510 Olemps à 600m d'altitude. Au centre, mon clone Dam1 en floraison. Au fond, à gauche un prunellier, qi fleurit en même temps. Au fond, à droite, un prunier d'Ente juste débourré.

Fig.11 - Ma haie de damassiniers en 2009 dans mon jardin à F-12510 Olemps à 600m d'altitude. Au centre, mon clone "Dam1" en floraison. Au fond, à gauche un prunellier, qui fleurit en même temps. Au fond, à droite, un prunier d'Ente juste débourré. Le 12 avril 2009.

Fig.12 - Deux damassiniers, agès de 30 ans, dans mon ancien verger de F-12510 Luc. J'ai vendu ce verger en 1982 en quittant l'Aveyron. Le verger est resté quasiment à l'abandon depuis. En 2010, je vais y faire un tour et découvre qu'il y a des damassines en quantité. Je ne me souvenais pas d'avoir planté ces arbres. Depuis, sans rien demander à personne, j'entretiens les arbres et ramasse les fruits. Mes amis sont contents des cageots que je leur offre et j'ai de quoi remplir mon congélateur..

Fig.12 - Deux damassiniers, âgés de 30 ans, dans mon ancien verger de F-12510 Luc. J'ai vendu ce verger en 1982 en quittant l'Aveyron. Le verger est resté quasiment à l'abandon depuis. En 2010, je vais y faire un tour et découvre qu'il y a des damassines en quantité. Je ne me souvenais pas d'avoir planté ces arbres. Depuis, sans rien demander à personne, j'entretiens les arbres et ramasse les fruits. Mes amis sont contents des cageots que je leur offre et j'ai de quoi remplir mon congélateur..

Quand il est planté dans des régions méridionales, son écorce peut souffrir du chaud ou des coups de soleil, se craqueler et se décoller dangereusement. J’ai un damassinier à F-12510 Olemps, pourtant planté à 600 m d’altitude, qui connait ce problème. (Fig11 -Clone Dam1)

Les années favorables à une forte fructification (pas de gelées tardives, temps sec et ensoleillé pendant toute la floraison comme à Olemps en 2010), la nouaison peut-être beaucoup trop puissante (Fig.24 et 25) et l’éclaircissage naturel étant souvent insuffisant les branches ploient puis cassent sous le poids des fruits, bien avant maturité.
Le mauvais réflexe est de soutenir les branches avec des perches. Dans ce cas il est impératif de compléter, à la main, l’éclaircissage naturel. Faute de quoi, l’arbre qui est très alternant, ne produira pas une fleur l’année suivante, ce qui m’est arrivé en 2011.
Les feuilles sont dentées, à peu près de la taille de celles du prunelier.
Les étés chauds et secs peuvent entrainer une sénescence précoce des feuilles dès la fin Août. C’est sans doute là une limite à sa culture dans le Sud.

Le damassinier émet facilement des drageons à son pied. C’est un moyen de multiplication assez efficace, bien qu’il faille être plus patient pour avoir des fruits d’un drageon2 que lorsqu’on pratique le greffage.
Le Damassinier supporte bien une altitude moyenne. En Ajoie, il pousse bien entre 500 et 650 m. Il y en a à Lajoux (960m) et au Noirmont (980m).
Mais contrairement à ce qu’affirmait mon père, le damassinier ne pousse pas que « Chez nous en Ajoie ».
Un arbre planté à Plessis-Trévise (Val de Marne) en 1968 dans un terrain très argileux sur une nappe phréatique assez proche à produit à profusion pendant au moins 25 ans.
J’en ai acclimaté ailleurs en Haute-Saône, en Côte d’Or, à Lyon, en Sologne, dans les Alpes et surtout en Aveyron dans les environs de Rodez jusqu’à 600m voire 800m. J’ai même fait une tentative de transplanter un damassinier à La Cadière d’Azur dans le Var à 3 km de la mer au milieu des oliviers. Il est encore trop tôt en 2012 pour juger de la production et de la qualité des fruits et de son adaptation réelle à un climat aussi différent.3
Quand il est acclimaté loin de son terroir d’origine, les fruits me semblent mieux garder leur fruité typique que ne le fait la mirabelle.
Dans sa région d’origine, le damassinier pousse sur terrains argilo-calcaires. En Aveyron, il pousse aussi bien sur sols acides – Lévézou – que sur les sols calcaires du Causse. Cependant, s’il n’y a pas assez de terre, il pousse peu et mal et devient très buissonnant.

C2. Les organes de fructification

Les bourgeons à fruits naissent sur bouquets de mai et coursonnes aussi bien sur charpentières que sur les branches fruitières. Sur les charpentières les bouquets de mai portent 1 à 5 bourgeons, mais le long des plus fines branches les bouquets, parfois très courts, se suivent à faible distance des uns et des autres. (Fig.14).
Chaque bourgeon donne naissance à une ou deux fleurs très rarement 3.
Les bouquets de mai placés le long des charpentières au centre de l’arbre peuvent être assez rapidement sujet à extinction, s’ils n’ont pas assez de lumière ou sont victimes du Monilia (ou autres maladies cryptogamiques).

Fig.13 - Bourgeons floraux sur coursonne de référence le 23 mars 2011. Les bourgeons portent souvent 2 fleurs.

Fig.13 - Bourgeons floraux sur coursonne de référence le 23 mars 2011. Les bourgeons portent souvent 2 fleurs.

Fig.14 - Alignement serrés de bouquets de mai sur une branche fruitière le 9 avril 2010.

Fig.14 - Alignement serré de bouquets de mai sur une branche fruitière le 9 avril 2010.

C3. La Floraison

Au printemps, les bourgeons floraux débourrent tôt. Le stade bourgeon vert fermé peut durer (seuls les sépales fermés sont visibles). La floraison se déclenche plus tard en fonction du réchauffement printanier :
Exemples de dates pour F-12510 Olemps à 600m d’altitude :
Débourrement :25/2/08 -3/3/11
Stade bourgeon vert :17/3/11 –
Début Floraison :12/4/05 -10/4/06 – 5/4/07 – 4/4/08 – 5/4/09 -23/3/11
Pleine floraison : 15/4/06 – 7/5/08 -10/4/09 – 05/4/11
Fin floraison : 22/4/06 – 20/4/08 – 11/4/09
Chute des pétales : 18/4/09 – 5/5/10 -12/4/2011

Le climat est déterminant pour une bonne pollinisation. Le temps sec, ensoleillé avec vent du nord est très favorable. Temps pluvieux (Fig.27) et brouillards entrainent une mauvaise fécondation.
La présence d’abeilles n’est pas indispensable. Le damassinier est auto-fertile et il semble que la pollinisation anémophile soit prépondérante. En 2010 et 2011 pas une seule abeille visible pendant toute la floraison alors que deux mois plus tard les tilleuls, à 100m de là, étaient couverts de butineuses.

Les phases de la floraison durent environ quinze à vingt jours. Voir les clichés sur une coursonne de référence – repérée avec un bout de laine rose  – dans les Fig:13 – 15 – 17 – 18 – 19 et 20 ci-dessous.

Fig.15 - Début de floraison, le 1 avril 2011. Trois fleurs ouvertes et 10 fleurs au stade ballon.

Fig.15 - Début de floraison sur la coursonne de référence, le 1 avril 2011. Trois fleurs ouvertes et 10 fleurs au stade ballon.

Fig.16 - Pleine floraison le 1 avril 2011.

Fig.16 - Pleine floraison le 1 avril 2011 avec une visite qui n'est pas une abeille.

Fig.17 - Pleine floraison sur coursonne de référence le 2 avril 2011

Fig.17 - Pleine floraison sur coursonne de référence le 2 avril 2011

Fig.18 - Fin de floraison sur la coursonne de rférence le 12 avril 2011. Les ovaires gonflés sont visibles.

Fig.18 - Fin de floraison sur la coursonne de référence le 12 avril 2011. Les ovaires gonflés sont visibles.

Fig.19 - Début de croisssance des fruits sur coursonne de référence le 15 avril 2011.

Fig.19 - Début de croissance des fruits sur coursonne de référence le 15 avril 2011.

Fig.20 - Au 17 juillet 2011, il ne reste que 3 fruits sur la coursonne de référence.

Fig.20 - Au 17 juillet 2011, il ne reste que 3 fruits sur la coursonne de référence.

C4. Le fruit

Si la pollinisation n’a pas été perturbée par le climat, la nouaison peut être extrêmement efficace, conduisant à un excès de fruits. Dans ce cas, si la chute naturelle des fruits en excès n’est pas assez efficace, il faut intervenir et enlever manuellement les fruits en surnombre afin d’une part éviter la fracture des branches et d’autre part limiter l’expression de l’alternance, très courante chez le damassinier.

Il y a des des années avec trop de fruits, mais aussi pas de fruits du tout. Cette variation est au moins aussi forte que chez le mirabellier.

Le fruit a une grande variabilité de poids, de couleur, selon le clone, l’exposition au soleil, l’incidence de divers aléas ou la quantité de fruits sur l’arbre..

Il a reçu diverses descriptions plus ou moins précises, voire poétiques ou enthousiastes. En voici quelques exemples :

De : Croqueurs de pommes :(S24)
Sorte de mirabelle rose, nuancée de vert et dotée d’un parfum et d’un goût délicat. Bonne en tartes et en confitures. Produit une eau de vie réputée. Le Pays d’Ajoie en Suisse a déposé une demande d’AOC sur cette « gnole ». Variété pouvant exister en « franc de pied » et se multiplier par drageons. Il semble qu’il y ait plusieurs clones : dont la grosse et la petite, mais elles ont le même goût. Il existe dans le Massif du Lomont une variété nettement plus grosse appelée Damassin.

De : Bernard Vauthier :Patrimoine fruitier de Suisse Romande
Une vraie description de spécialiste: (S19b)
« Fruit petit, un peu allongé, non ou légèrement gauchi (long 21-34mm, 9g en cas de production abondante, 12.6g si les fruits sont rares). Le sillon ventral est inexistant et la suture juste visible.
Point pistillaire affleurant ou peu enfoncé, difficilement perceptible au toucher.
Peau rouge puis grenat avec des nuances de jaune chaud ou orangé, voire d’olivâtre à l’ombre, piquée de lenticelles beiges de grandeur variable, voilée de pruine violacée, exhalant un parfum subtil, se décollant bien, peu acidulée.
Chair jaunâtre, mi-tendre, fine, juteuse, douce sucrée, à saveur délicate, quittant bien le noyau.
Noyau allongé (11.5-17.5 mm), infléchi vers la base, légèrement gauchi dorso-ventralement, finement grenu en surface, terminé en angle obtus. La carène est peu développée et seulement vers la base, guère acérée (Bérudge) ou un peu coupante (Damassine) ; les arêtes latérales, estompées, sont interrompues au milieu ; les arêtes dorsales, non crénelées, sont séparées par un sillon étroit.
Maturité échelonnée durant deux à trois semaines dès le début d’août et se prolongeant parfois jusqu’aux premiers jours de septembre…. »

De : Fleury-Perret Sarl (S16)
Sur le site damassine.com, une description intermédiaire en est faite, mais bien moins précise que celle de Bernard Vauthier.

Exemples de variation du poids des fruits sur le même lieu à Olemps.
Poids de 10 fruits :
En 2006 = 77.95g +/- 4.17g
En 2009 = 104.87 +/-10.08g
En 2011 = De 44 à 52g, alors que mon Clone J fait 54 à 62g

Fig.21 - Deux beaux fruits à presque maturité le 17 juillet 2011 à Olemps.

Fig.21 - Deux beaux fruits à presque maturité le 17 juillet 2011 à Olemps.

Fig.22 - Fuits avec belle pruine à quasi maturité le 20 juillet 2009 à Olemps.

Fig.22 - Fruits avec belle pruine à quasi maturité le 20 juillet 2009 à Olemps.

Fig.23 - Belles damassines issues d'arbre greffé le 29 juillet 2007.

Fig.23 - Belles damassines issues d'arbre greffé le 29 juillet 2007 à F-90100 Villars-le-Sec chez mon frère Alain.

Fig.24 - Fruits juste noués.

Fig.24 - Fruits juste noués.

Fig.25 - Profusion de fruits sur bouquets de mai le 6 Aout 2010 à Olemps.

Fig.25 - Profusion de fruits sur bouquets de mai le 6 Aout 2010 à Olemps.

D. Botanique et Taxonomie

La damassine appartient au genre Prunus et très vraisemblablement à la même espèce insititia que la mirabelle.4
Cependant, il existe un autre nom d’espèce P. damascena Dierb (S1) créé par Johann Heinrich Dierbach, (1788-1845) Professeur de botanique à Heidelberg (S2). Dierbach devait être un spécialiste de cette question puisqu’il identifia de nombreux sous-taxon ainsi que des formes variétales botaniques (S1). Je n’ai pas trouvé de documents plus précis sur le sujet et je ne sais pas quels fruits étaient concernés par ces appellations. Apparemment, le caractère distinctif serait une question de couleur ou d’origine.

L’appellation P. damascena est assez largement utilisée pour désigner la prune de Damas, qui est oblongue et à peau bleue presque noire selon une vieille illustration (Fig.26) (The Damson tree – planche 305) (S5).

L’attribution de P. damascena à la prune de Damas (Damson plum) est établie dans la « Classification décimale Universelle » (S3 – S4).
Mais ceci n’est pas confirmé dans le « Prunus cross index » (S7) qui renvoie vers Prunus domestica L. subsp. Domestica pour des prunes Quetsche et de Damas.
Dans ces sources officielles, il n’est nulle part fait mention de la damassine, sans doute parce que sa zone de culture très restreinte n’en faisait pas une prune importante..

Attribuer le nom latin Prunus damascena à la damassine est sans doute inapproprié. Si l’on en juge par l’illustration d’ Élisabeth Blackwell (Fig.26) la damassine est fort éloignée de la Prune de Damas.

Fig.26 - Planche illustrant la prune de Damas par

Fig.26 - Planche illustrant la prune de Damas (Prunus damascena) par Élisabeth Blackwell en 1760, à la page 305 du Livre "The Damson tree".

E. Histoire et Origine de la damassine

Ce chapitre est un sujet truffé d’incertitudes. Le mot damassine fait inévitablement penser à Damas, ou à une petite prune de Damas (Damson plum en anglais). Il convient doc de faire la part de ce qui revient aux légendes, aux hypothèses, aux écrits, et aux faits.:

Les légendes

1. Espèce rapportée par des chevaliers en retour des croisades. (S11)
2. Un curé de Charmoille la rapporte de Palestine en 1145 (S11)
3. La damassine serait une sélection locale de la prune de Damas, importée en Europe par un Comte d’Anjou, qui l’a découverte à Jérusalem lors de la cinquième croisade vers 1220.
4. Prunus damascena vient d’Orient via l’Italie. Serait introduit en France lors de la campagne d’Italie de François 1er.
.

Les hypothèses

5. Jean-Louis Choisel, fondateur des Croqueurs de pommes et spécialiste de l’histoire et la vie de Jean Bauhin (1541-1612) affirme que Eberhard V le Barbu, comte de Montbéliard, rapporta ces fruits de Jérusalem, alors qu’il y effectuait un pèlerinage en 1468. (S17)

6. Mon hypothèse personnelle est: Les Romains ont longtemps occupé le Moyen-Orient. Ils ont eu largement le temps de rapporter à Rome puis de diffuser dans l’Ouest de leur empire des organes végétatifs ou des semences de prunes de Damas. Ils étaient maîtres en la matière pour piller les pays qu’ils occupaient (Lire l’Histoire de l’Afrique, ouvrage passionant de Robert et Marianne Cornevin – 1964 ). Des écrits romains mentionnent d’ailleurs la prune de Damas en gastronomie

7. Tout d’abord cultivée dans l’antiquité aux alentours de Damas, la prune de Damas fût introduite en Angleterre par les Romains. On a trouvé des restes de Damson dans les fouilles archéologiques des anciens camps romains en Grande Bretagne (S10)

Les écrits

8. Prugne damaschine figure dans la longue liste des aliments favoris des Milanais dans l’ouvrage « Marvels of Milan » datant de 1288, écrit par Bonvesin de la Riva (1240-1313) (S10).

9. Joseph-François Michaud, affirme, que c’est lors de la cinquième croisade (1217-1221) que fut introduit le prunier de Damas sur le continent européen. (S17)

10. Dans le « Théâtre d’Agriculture et Mesnage des Champs » d’Olivier de Serres, dont la première édition parut en 1600, il est question de diverses espèces de prunes : « les deux brignons, gros et petit, les quatre Damas : blanc, noir, violet, rouge; les damaisines… par ces noms presque cogneues partout ». (S37 – Page 27)

11. En 1675, l’Abbé Merlet fait la description du Damas orangé comme suit : «Le Damas orangé, tavelé de rouge, qui ressemble fort à la Petite Mirabelle, que quelques-uns disent estre la Mirabelle rouge ayant le mesme noyau long et  petit. » (S37-Page 28)

12. La table synonymique des variétés de mirabelles donnée par O. Thomas et E. Jouin (1895) (S37-Page 75) comprend les deux lignes suivantes ::

« Damasine, Kleine Kirschplaume, Mirabelle rouge, Rothe Mirabelle «
« Mirabelle rouge, voy. Damasine »

13. Marcel Thomas rapporte (S37-Page 82) :
O. Thomas et V. et E . Jouin signalaient d’ailleurs dès 1895 que les Mirabelles rouges ou Mirabelles Damasines « constituaient des variétés très estimées dans les vergers des environs de Metz où on les propage de drageons ».
Nous avons eu personnellement l’occasion de retrouver une vingtaine d’arbres de ce type dans une haie en Lorraine et nous pensons les essayer comme porte-greffe du Mirabellier par suite d’une vigueur certainement plus forte, ainsi que de les inclure dans les programmes ultérieurs d’hybridation. On sait également que les Suisses cultivent depuis longtemps, notamment en montagne, une Mirabelle rouge dite Berudge.

Les faits et dates :

-14. « [ Les damassiniers] ..Ils sont mentionnés pour la première fois en Suisse dans le registre de l’église de Sutz (archives fédérales Berne K Nidau 15) qui atteste de la présence d’arbres sur les rives sud du lac de Bienne vers 1586.
La Pastorale Nidau englobait aussi la Prévôté, à savoir la Vallée de Tavannes/Moutier. C’est par ces voies que la damassine est sans doute parvenue jusque dans le canton du Jura. « (S12)

15. » Les Romains connaissaient peut-être déjà ce fruit, cité dans l’Encyclopédie de Duhamel du Monceau. Le plus ancien écrit régional concerne un verger de damassiniers de Grandfontaine, en 1791. Des témoignages font état de la présence de damassiniers au 19e en Ajoie. (S16) »

16. » Selon Pline l’Ancien, naturaliste de l’Antiquité romaine qui a vécut de l’an 23 à 79 de notre ère …, ce serait en Italie que la damassine [=Prune de Damas] aurait fait sa première apparition européenne à l’aube de l’ère chrétienne. Ce témoignage va dans le sens de celui du Dr Peyre, auteur d’un fameux ouvrage de référence « Les pruniers sauvages et cultivés », publié en 1945. Si l’on en croit, en effet, ce spécialiste chevronné, ce seraient les Romains qui auraient introduit la damassine[=Prune de Damas] en Gaule et en Germanie. L’actuel canton du Jura était, à l’époque des Celtes, partagé entre la Séquanie et la Rauracie, deux grandes provinces de la Gaule. »

17. « Jean Bauhin, originaire de Montbéliard, signale effectivement la présence de ce fruit oriental [=Prunier de Damas] dans les vergers du duc de Wurtemberg, à qui le comte de Montbéliard était inféodé. Sur les armoiries du village de Vandoncourt, dans la périphérie de cette ville Franc-comtoise, figure d’ailleurs une prune de Damas. Or, la région de Montbéliard, en France, se trouve être à proximité de l’Ajoie, pays de la damassine par excellence. (S17) »

18. « Prune de Damas ou Damassine : l’adjectif damassin-e ou damascène correspond au substantif Damas (par allusion de provenance). Des pruniers de Damassine et de Damas sont mentionnés respectivement en 1743 et 1797 à Epauvillers et Grandfontaine.
Mais rien n’indique qu’il s’agissait alors de la variété connue actuellement puisqu’à la même époque, sous ce nom, sont peints à Neuchâtel des fruits bleu-noir et jaunes. En revanche, dans le Jura sud, un rouge prusnier se trouve en 1655 à Court et l’appellation Prune Rouge est toujours utilisée à Plagne. (S19) »

Une grande partie de ce qui est écrit ci-dessus sur le sujet de  l’origine de la damassine, concerne avant tout « Prune de Damas ». Celle-ci est probablement à l’origine de la damassine. On sait que les pruniers s’hybrident facilement. La damassine apparaît être le résultat de croisements et/ou mutations. Aujourd’hui, il ne fait pas de doute que la sélection naturelle est encore active dans cette population de damassiniers issus de franc.
Je m’interroge sur le rôle qui a pu être joué par le prunellier – (Prunus spinosa) – espèce indigène en Europe depuis le Néolithique. Le prunellier est de valence chromosomique différente (2n=24) de celle des pruniers cultivés (2n=36 ou 2n=48), donc il n’y aura pas de certitude sur le rôle du prunellier tant qu’on ne connaîtra pas les résultats d’analyses génétiques ou génomiques comparatives.
Quoi qu’il en soit, on ne trouve dans la littérature la mention spécifique « damassine » que depuis environ 1600.

F. Terroir et aire de culture de la damassine

La damassine est présente dans les environs de Metz au moins en 1895. (S37- Page82)
Le terroir originel de la damassine, -ou au moins son centre d’origine secondaire ou de diversification -, est assurément l’Ajoie dans le Canton du Jura en Suisse. Les ajoulots de la grande commune de la Baroche sont fiers de proclamer aujourd’hui que c’est « la capitale mondiale de la damassine ».
Il faut cependant comprendre l’Ajoie dans sa délimitation ancienne qui contenait une partie de la Franche-Comté voisine. 5      Où la damassine est présente depuis longtemps en compagnonnage avec d’autres prunes comme la blouche.
La damassine n’est pas restée confinée à cette région réduite puisqu’on la rencontre, – elle ou des formes très voisines – dans des villages plus éloignés dans le Doubs (Damprichard, Flagey, Tarcenay, etc..) à la faveur des retours de guerre ou de service militaire des fils de paysans qui rapportèrent chez eux des plants ou des drageons. (communication personnelle d’un ami de Flagey).
Si la damassine jouit d’un grand prestige en Ajoie et dans des zones proches, elle est quasiment inconnue ailleurs. Hubert Cavaillet ne la mentionne pas, en 1991, dans son ouvrage sur les variétés anciennes de pruniers domestiques. (S29).

Tout au moins en Ajoie, le damassinier a été traditionnellement planté dans des haies le long des chemins, dans les vergers autour des maisons ou dans des pâtures proches sous forme de pré-vergers. C’était le temps de l’arboriculture familiale.

Les choses ont commencé à changer, quand des paysans précurseurs et entreprenants, constatant que la vente de l’eau de vie de damassine était bien plus rémunératrice que la culture du blé – pourtant bien subventionnée en Suisse – se mirent à planter de plus grands vergers. « Le Bouba », ami de mon père, fut ce précurseur à Bure quand il planta un grand verger de damassiniers au lieu de continuer à semer du blé. Tout le monde le prit pour un fou mais bientôt tous furent atteints de cette même folie – et de ce même culte -au travers de l’Ajoie.

Le cas extrême de cette évolution vers une arboriculture à grande échelle – voire industrielle – est le projet de Jean-Pierre Mürset au Domaine de Beauregard au Landeron, au Sud du lac de Bienne où son verger compte 2000 damassiniers, multipliés par culture in vitro puis plantés à haute densité sur une belle terrasse au-dessus des vignes.(S12). (Fig.32)
Ce projet était très risqué, résolument moderne, mais Jean-Pierre Mürset écrit sur son site web qu’il a le goût du risque. Il a assurément aussi le sens du marketing à en juger par le contenu de son site web.
Son entreprise mérite un coup de chapeau. Il faut seulement lui souhaiter d’avoir conservé une variabilité génétique suffisante face aux parasites et pathogènes.

Fig.32 - Le verger de Jean-Pierre Mürset est assez grand pour être bien vu par les satellites.

Fig.32 - Le verger de Jean-Pierre Mürset au Domaine de Beauregard est assez grand pour être bien vu par les satellites.

L’aire de culture possible du damassinier est bien plus vaste que la seule Ajoie ou Franche-Comté. Cet arbre s’acclimate bien dès lors qu’il n’a  pas à souffrir d’aléas insurmontables.
J’ai déjà mentionné que j’ai fourni, à des amis, des jeunes arbres en Région Parisienne, en Côte d’Or, en Haute-Saône, en Aveyron, en Sologne, dans les Alpes et même à La Cadière d’Azur au milieu des oliviers à 5 km de la  Méditerranée.
Et je continue d’envoyer des greffons ailleurs en fonction des demandes que je reçois sur fruitiers.net

G. Amélioration variétale

Traditionnellement, les damassiniers forment une population de clones issus de franc, multipliés principalement par prélèvement de drageons. Ces clones varient par de multiples caractères dont la taille des fruits et je suis persuadé que ce critère a été pris en compte de tout temps dans le choix des arbres sous-lesquels déraciner des drageons.

Greffage

Une deuxième étape d’amélioration fut la pratique du greffage sur divers porte-greffes. Les damassiniers greffés sont incontestablement plus vigoureux (Fig.10) et donnent des fruits plus gros (Fig.23), bien que moins longs en bouche et moins richement parfumés que les fruits dits sauvages.

Les puristes refusent d’admettre le greffage et cette position stricte valut des batailles de tranchées homériques au sein des arboriculteurs ajoulots quand il fût question de solliciter une AOC pour l’eau de vie

Sélection clonale

La troisième étape d’amélioration vint beaucoup plus récemment, avec un inventaire  des écotypes dans la région de l’Ajoie (incluant quelques communes limitrophes en France) afin de promouvoir les clones réputés les meilleurs, identifiés dans de nouveaux vergers comparatifs créés à cet effet.
Dans ce programme, il fallut bien sûr avoir recours au greffage pour créer ces vergers. Je me rappelle que la presse ajoulote annonçait à l’époque une collection d’écotypes de l’ordre de 200 spécimen différents.

Objectifs de sélection : (S27)

« 1. Réunir sur 3 vergers de sélection (2 en Ajoie et 1 dans la vallée) un choix de damassiniers issus d’une collection de clones choisis dans le canton du Jura et les communes limitrophes, notamment en France.
2. Comparer ces diverses variétés selon des critères culturaux (vigueur, période de floraison, régularité de la production, …) et qualitatifs (taux de sucre, arômes, acidité, …).
3. Essayer de trouver une ou plusieurs variétés présentant les qualités les plus intéressantes, tant pour la production d’eaux-de-vie que la production de fruits frais ou transformés.
4. Proposer aux arboriculteurs et aux pépiniéristes de multiplier et de planter le ou les variétés retenues, sachant que leurs résultats ont été testés. »

Résultats préliminaires sur la première récolte de 2003 (S28).
Mode opératoire
« En 1998, choix de 15 clones de damassiniers représentatifs du terroir
Greffage en 1999 sur Fereley (Jaspi) GF655/2 et MYROBOLAN, puis plantation de 3 vergers de décembre 2000 à Janvier 2001 à Courtemelon, Coeuve et Fregiécourt (Baroche). Les peuplements sont très serrés 4.5m x 3m.

Résultats

 » La première récolte eut lieu en 2003, caractérisée par des conditions climatiques extrêmes  entrainant une forte coulure après floraison, puis un fort stress hydrique en été et enfin un retard conséquent de maturation. La récolte se termine au 11 septembre.
Bien qu’il s’agisse d’une première année de récolte avec un climat extrême, quelques conclusions sont néanmoins tirées. « Il est trop tôt pour tirer des conclusions… » mais les études de distillation sont poursuivies….
On ne trouve pas sur Internet de résultats plus récents de cette étude.

Mon commentaire:

Je suis étonné que l’Institut agricole du Jura n’ait pas publié sur le net la suite des résultats de cette recherche alors que ceux de 2003 étaient jugés préliminaires et provenaient d’une année de canicule.
Neuf ans ont passé depuis. C’est une affaire à suivre avec patience.

Je suis certain qu’on a couvert bien peu de la variabilité génétique de la population originelle en ne retenant que 15 clones pour cette étude comparative.

Si l’objectif final est de ne sélectionner qu’« une ou plusieurs variétés présentant les caractéristiques les plus intéressantes »  et si cela se réalise, alors il pourrait y avoir en Ajoie une réduction de patrimoine, causée par la promotion d’une nombre trop restreint de clones.
Heureusement, j’ai pleine confiance en la nature, qui continue, imperturbable, la sélection du « plus apte à survivre ».
Et puis, on peut compter sur la détermination des puristes qui ne plantent que des francs, dits « sauvages » et qui sauront repérer et promouvoir les clones qui leur paraissent les plus intéressants – et pas seulement sur le rendement en eau de vie – sans se limiter à un ou plusieurs types.

H. Culture et aléas

Bien qu’il soit plutôt rustique, le damassinier doit supporter néanmoins de nombreux aléas tant biotiques que climatiques.
Voici succinctement :
Le gel en cours de floraison peut anéantir tout espoir de récolte tout comme un temps pluvieux (Fig.27) et du brouillard persistant pendant la floraison.

Fig.27 - De la pluie en pleine floraison le13 avril 2009. Ce n'est pas bon signe...

Fig.27 - De la pluie en pleine floraison le 13 avril 2009. Ce n'est pas bon signe...

A la mi-floraison, apparaissent les feuilles d’un vert très tendre. Elles sont régulièrement victimes des pucerons qui prolifèrent particulièrement aux extrémités des nouvelles pousses et réduisent souvent à néant la première croissance végétative de printemps. Le damassinier est plus envahi par les pucerons que la Quetsche. C’est un de ses points faibles.

Les fourmis sont très présentes au printemps. Il y a peut-être un lien avec les pucerons car les fourmis sont expertes dans l’élevage de colonies de pucerons.

Quelques pathogènes champignons attaquent feuilles, fruits coursonnes et rameaux. Les fruits réagissent souvent en produisant de la gomme  mais leur croissance et leur qualité est altérée. Si l’attaque est précoce, les fruits chutent prématurément.

L’aléa le plus violent et le plus redouté reste l’orage de grêle juste avant récolte. En quelques minutes une récolte est perdue et les arbres souvent  sérieusement endommagés. C’est arrivé en Ajoie, en Août 2006 et les alambics ont peu fonctionné cette année-là dans certaines communes.

Enfin, en cas de sécheresse estivale prolongée associée avec de trop fortes chaleurs, le damassinier souffre, entre prématurément en sénescence puis perd ses feuilles avant l’automne.
C’est peut-être une limite à la culture de ce fruitier dans le sud.

Sur le plan des maladies, le damassinier est plutôt rustique, moins sensible à la moniliose que la Quetsche et surtout la Prune d’Ente . Cependant des pourritures à Monilia sur fruits peuvent survenir les années trop humides et des coursonnes peuvent être détruites.

Je ne connais pas la sensibilité du damassinier aux attaques de pourridié dû à l’Armillaire couleur de miel (Armillariella mellea), grand tueur de fruitiers et de ceps de vigne, mais il se pourrait que je sois vite renseigné car ce champignon a envahi mon terrain depuis plusieurs années à partir d’une vieille souche de frêne et ses  rhizomorphes noirs en cordonnets sont à moins d’un mètre des racines de mes damassiniers. J’attends car il n’y a rien d’autre à faire

Le damassinier est sensible, tout comme le prunellier et le quetschier à la maladies des pochettes – certains l’appellent la maladie du haricot – provoquée par le champignon ascomycète Taphrina pruni, qui fait des dégâts sur fruits. Les plus fortes attaques que j’aie rencontrées ne dépassaient pourtant pas 5% des fruits. Ce parasite libère ses ascospores infectantes sur les fleurs. Pour s’en protéger, il convient de traiter au Captane  à 80% à raison de 300g/hl. Encore faut-il, par les temps qui courent, trouver du Captane. C’est un produit réservé aux professionnels.

Fig.28 - Le 18 mai 2010, symptôme sur fruits de la maladie des pochettes due à Taphrina pruni. Certains l'appellent la maladie du haricot.

Fig.28 - Le 18 mai 2010, symptôme sur fruits de la maladie des pochettes due à Taphrina pruni. Certains l'appellent la maladie du haricot.

En plein été, dès juin, les feuilles sont souvent atteintes de criblure ou de rouille, et j’ai constaté des différences de sensibilité entre clones

Sans protection insecticide appropriée ou piégeage sexuel spécifique, le carpocapse fait quelques dégâts. Les fruits véreux tombent prématurément en début de récolte avec une semaine d’avance environ par rapport à des fruits sains.

Fig.29 - Fruits tachés suite à une attaque cryptogamique.

Fig.29 - Fruits tachés suite à une attaque cryptogamique. La damassine produit souvent de la gomme en réponse à ces attaques. Le 17 aout 2010.

Fig.30 - Fruits tachès et production de gomme. Dégats de criblure sur feuille  le 30 juin 2010.

Fig.30 - Fruits tachés et production de gomme. Dégâts de criblure sur feuille le 30 juin 2010.

Fig.31 - Fruit chenillé

Fig.31 - Fruit chenillé

Fig.32 - Momies de fruits suite à une infection par Monilia fructigena en 2011 (Clone J) . L'extrémité du rameau a été détruite. Photo prise le 26 mars 2012.

Fig.32 - Momies de fruits suite à une infection par Monilia fructigena en 2011 (Clone J) . L'extrémité du rameau a été détruite. Seul, un bourgeon à feuilles va repartir en amont de la zone nécrosée sur le rameau. Les pédoncules des fruits produits en 2011 sont aussi momifiés. Photo prise le 26 mars 2012.

I. IMPORTANCE ÉCONOMIQUE

La culture du damassinier n’a, aujourd’hui, une réelle importance économique qu’en Ajoie et ce depuis assez peu de temps, depuis que sont apparus de plus grands vergers dans le but de produire davantage d’eau de vie, vendue beaucoup plus cher (60FS la bouteille à 46°) que les eaux de vie de Quetsche ou de poires (30 à 35FS).

Dans le même temps, les ajoulots, soucieux de se garder cet avantage économique ont entrepris les démarches nécessaires pour protéger l’eau de vie de damassine par une appellation d’origine contrôlée (AOC).

Dès le départ, deux écoles s’affrontèrent. Les puristes voulaient restreindre l’AOC aux seules eaux de vie issues de la fermentation de fruits récoltés sur francs, alors que les non puristes acceptaient des fruits greffés. La polémique, – on parla de Guerre de la Damassine – assez violente, dura jusqu’au moment où l’office fédéral imposa aux arboriculteurs de trouver un compromis afin qu’une seule demande d’AOC soit déposée.
La demande d’AOC fût finalement déposée le 7 juillet 2002, admise le 28 juin 2005. Mais il y eu des oppositions puis des bagarres juridiques. Le Tribunal administratif trancha le 1er octobre 2008 puis définitivement le 26 février 2010.

Personnellement, je pense que les ajoulots ont loupé une belle occasion en ne demandant pas de protéger « la Damassine d’Ajoie ». Cela, outre l’avantage d’associer un terroir à un produit, leur aurait évité la controverse qui a retardé l’attribution de l’AOP.

J. UTILISATION DU FRUIT

Eau de vie

En Ajoie, la très grande majorité des fruits finit dans l’alambic. Pour cette destination, les fruits sont strictement ramassés, chaque matin, dès qu’ils sont tombés au sol, sinon ils sont vite « cuits » par le soleil et commencent à fermenter. De plus ils sont forts appréciés des fourmis et des guêpes. Un cahier des charges, très précis, réglemente la façon de faire de l’eau de vie (S30). Avec 300 litres de fruits fermentés, on tire entre 25 et 30 litres d’eau de vie, ce qui est un bon rendement. (S17)

La damassine à maturité est beaucoup plus fragile que la mirabelle. Elle ne se prête pas à une commercialisation en circuit long. De plus, ses caractéristiques en terme de sucre sont telles qu’ en quelques jours la fermentation démarre et l’on sent nettement cette bonne odeur d’alcool. Dans ce cas, la seule destination possible est le tonneau.

L’eau de vie de damassine a été l’objet d’étude comparative avec les autres eaux de vie de fruits à noyau. Les résultats sont très intéressants. Ci-dessous, le résumé de cette étude de Nicolas Fasnacht et all. (S35)

L’analyse en chromatographie gazeuse couplée à un spectromètre de masse (GC-MS) de 84 échantillons de Damassine et de 38 échantillons d’autres eaux-de-vie provenant de fruits à noyau a révélé des indicespermettant l’authentification de la Damassine, une eau-de-vie typique du Jura suisse. On a trouvé que l’Abricotine et la Mirabelle possèdent des molécules caractéristiques et sont donc identifiables en cas de tromperie. La Prune, le Pruneau, la Cerise, la Reine-Claude et la Bérudge (une sorte de prune) ont du être différenciés par des rapports de surfaces de pic. Pour chaque eau-de-vie, de 1 à 3 substances ont été trouvées pour lesquelles les aires de pic étaient significativement plus grandes, respectivement plus petites que celles de la Damassine. On a également remarqué que le pentadécanoate d’éthyle jouait un rôle important dans la différenciation, puisque cette molécule était présente dans tous les échantillons de Damassine, alors qu’elle était relativement faible et même absente dans les échantillons des autres eaux-de-vie. Les assemblages de plusieurs eaux-de-vie avec la Damassine sont également identifiables grâce à cette substance. Cependant, comme aucune molécule n’est caractéristique de la Damassine, l’authentification ne pourrait être prouvée qu’en augmentant sensiblement le nombre d’analyses.

Utilisation familiale

Avec des damassines on fait les meilleures tartes qui soient ainsi qu’une confiture (ma préférée) dont on ne se lasse pas de son goût sucré acidulé.
La damassine, une fois dénoyautée, supporte très bien la congélation. On peut donc, toute l’année, s’offrir le plaisir suprême de déguster une tarte de damassines dès sa sortie du four. Dans le cas de fruits sortant du congélateur, il faut dresser les fruits encore partiellement gelés sur la pâte pour éviter d’avoir trop de jus.
Les amateurs de compotes et de clafoutis seront aussi ravis par la damassine qui s’y prête bien.
Les damassines conviennent peu pour les conserves de fruits au sirop, le passage à l’autoclave étant fatal pour la tenue des fruits. Le goût y est mais plus la présentation. Pour y remédier, il convient de choisir des fruits un peu immatures.

Fig.33 - Rangement des fruits sur la pâte pour une bonne tarte.

Fig.33 - Rangement des fruits sur la pâte pour une bonne tarte.

Restauration et gastronomie

L’engouement des ajoulots pour la damassine ne s’arrête pas à l’alambic. Bon nombre de restaurateurs ont inventé des spécialités à base de damassine.
J’ai trouvé sur le Net :
Le soufflé glacé à la damassine (S31)
Le sorbet à l’eau de vie de damassine (S32)
Chocolat Villars « Larmes de damassine (S33)
Le Parfait glacé à la damassine (S34)
Le Moelleux au chocolat au cœur de damassine (S36)

Les meilleures recettes seront certainement celles que vous allez inventer une fois que vous aurez goûté le fruit cru qui ne manquera pas de vous emballer et d’exciter votre créativité.

Fig. 34 Vue rapprochée

Fig.34 Vue rapprochée de quelques fruits bien juteux, juste ouverts. Pour vous faire saliver un peu....

K. Bibliographie et sources

Source 1

Prunus damascena indiqué dans:
A. De: Encyclopedie of Life http://www.eol.org/pages/230769

Prunus damascena DIERB.
staxon chlorocarpa Dierb.
staxon cyanocarpa Dierb.
staxon haematocarpa Dierb.
staxon mera Pot & Turpin
staxon xantocarpa Dierb.
var. hisparica M. Roem
var. hungarica (L) D. Rivera
var. praecox (L) D. Rivera

Source 2

Dierb.
bei Planzennamen Abkürzung für Johann Heinrich Dierbach, geb 23. März 1788 in Heidelberg, gestorben daselbst als Professor der Botanik 9. Mai 1845.

Source 3

B. De: Classification décimale universelle (page 220) Édition moyenne Internationale Vol 2 – Jacques de Burlat UDC Consortium 2004 1235 pages.

Source 4

Classification décimale universelle: édition moyenne internationale – Résultats Google Recherche de Livres
Jacques de Burlet, UDC Consortium,, Jacques de Burlet – 2004 – Language Arts & Disciplines – 1235 pages

Source 5

De: MBG Rare Books = Illustration of Prunus damascena (The Damson Tree)
Ouvrage de Blackwell Elisabeth « Herbarium blackwellianum emendatum et auctum…. Nuremberg Edité par Christian de Launay 1760 Cote 01937×02 Planche 305

Source 6
De: Le prunier commun (Prunus domestica)
http://domenicus.malleotus.free.fr/v/prunier_commun.htm?reload_coolmenus

Source 7
De: Prunus_species_crossindex
http://www.plantnames.unimelb.edu.au/Sorting/Prunus.html
http://www.plantnames.unimelb.edu.au/Sorting/Prunus_Pt2.htm

Source 8
De: Porcher Michel H et al. 1995-2020
Univ. de Melbourne
http://gmr.landfood.unimelb.edu.au/Plantnames/Sorting/Prunus.html
Cette source renvoie à la source précédente.

Source 9
De: Answers.com = WIKIPEDIA
http://www.answers.com/topic/damson

Source 10
De: WIKIPEDIA
Le nom Damson est dérivé du latin Prunum damascenum

Source 11
De: Juratourisme
http://www.juratourisme.ch/fr/saveurs/produits-regionaux/damassine-aoc.1558.html#tab2

Source 12
De Damascino
http://www.damascino.ch/indexda.php?Section=geschichte&lang=f&banner=g&PHPSESSID=3866d84b67fedfeb335a372c6f8215eb
Damascino est la marque commerciale de Jean-Pierre Mü

Source 13
http://www.oilandwhisky.ch/product.asp?ProductTypeID=8&ProductID=164

Source 14
http://fr.wikipedia.org/wiki/Damassine

Source 15
http://www.fruitiers.net/fiche.php?NumFiche=561
Cette source est une description succincte de la damassine, que j’ai complétée pour les membres-greffeurs de fruitiers.net

Source 16
http://www.damassine.com/index.php?option=com_content&task=view&id=21
Le lien ci-dessus est en fait le site de Fleury et Perret. qui donc ont fait main basse sur le nom damassine.com sur internet. Cette situation doit en faire râler plus d’un.

Source 17
http://www.juranet.ch/CMS/default.asp?ID=1692
« Le Portail du Jura »

Source 18
http://archives.lematin.ch/LM/LMS/-/article-2000-06-333/guerre-de-la-damassine–page-3-perpetuer–une-traditionsi-l-on-croise-un-cheval-avec-un–et
« GUERRE DE LA DAMASSINE »

Source 19
http://www.retropomme.ch/nouveau/index.php?option=com_content&task=view&id=41&Itemid=88
Association pour la sauvegarde du patrimoine fruitier de Suisse Romande
Comparaison de Prunes dans la région de Porrentruy
Texte et photos : Bernard Vauthier

Source 19b
Bernard Vauthier
Le Patrimoine fruitier de Suisse romande

Fruits d’aujourd’hui et pomologie ancienne
Édité par la Fondation Retropomme et La Bibliothèque des Arts.
ISBN 978-2-88453-167-2. Format 33cm x 25cm. 271 pages.
Un ouvrage de référence.

Source 20
Au pays de la damassine
Format de fichier: PDF/Adobe Acrobat – Afficher
6 mai 2010 … beaucoup sont plusieurs fois centenaires. «A côté des damassiniers, il y a aussi des pruniers, des pommiers et des …
www.terrenature.ch/…/TN_Print-Terre_Nature-TN4-2010-05-06-0000016-Balades.pdf

Ce document pdf sur la Baroche contient une carte de la Baroche (Asuel-etc )
Lien inactif au 14 Janvier 2012 – Mais lien ci-dessous actif à cette date
Au pays de la damassine
www.terrenature.ch/…/balades/tn_print-terre_nature-tn4-2010-05-06…
Format de fichier: PDF/Adobe Acrobat – Afficher
Balade. 6 MAI 2010. Berceau de la damassine, la région de la Baroche vous invite à découvrir une campagne intacte, hors des sentiers battus. Petit tour entre …

Source 21
Résumé de la demande d’enregistrement de Damassine
Format de fichier: PDF/Adobe Acrobat – Afficher
L’Association interprofessionnelle de la Damassine se compose de producteurs … Originaire du Proche-Orient, le prunier aurait été introduit en Europe au …
www.blw.admin.ch/themen/00013/00085/00094/…/index.html?…fr..

Source 23
http://archives.lematin.ch/LM/LMS/-/article-2000-01-914/la-damassine-en-peril-la-faute-a-lothar
Ouragan Lothar
Edition du Matin du 23 Janvier 2000 « La damassine en péril »

Source 24
Quelques prunes du « Montbéliard » et des environs(16 variétés …
25 mars 2009 … DAMASSINE Sorte de mirabelle rose nuancée de vert et dotée d’un parfum et d’un goût … prunier franc. COCO JAUNE Appelée parfois prune abricot …
croqpom.doubs.over-blog.com/article-29465495.html – En cache – Pages similaires

Source 25
Livre: « A la recherche des fruits oubliés » – Espèces fruitières et variétés anciennes – Edition Espace-Ecrits 1990
Tiré en 2000 + 1000 exemplaires. Textes: Christian Catoire et François Villeneuve. Photographie Paul Starosta.
Avec la participation de Jean-Paul Bonnecaze Isabelle Luquet et Michel Wienin.
Préface de Monsieur Philippe Marchenay du CNRS Muséum national d’Histoire naturelle.
Ce livre traite des espèces fruitières principales:

Source 26
Maurice BIDAUX
Villars en Haute-Ajoie 1986 dépôt légal 10612
236 pages. Edité à compte d’auteur

Source 27
Damassine – Programme de sélection …suite
www.frij.ch/navigation/cmd_processor.asp?Id=295&Class…
Réunir sur 3 parcelles de sélection (2 en Ajoie et 1 dans la vallée) un choix de damassiniers issus de … Damassine – Essai de sélection clonale, Résultats 2003 …

Source 28
Michel Thentz
Essai de sélection clonale damassine : Résultats 2003
Institut agricole du Jura. Station cantonale d’arboriculture. Courtemelon 19/1/2004 (Doc pdf) 12 pages
Source 29
Hubert Cavaillet

Variétés anciennes de pruniers domestiques.
BRG-INRA Edité par QUAE – 80 variétés décrites 552p ISBN : 2-7380-0318-4

Source 30
Cahier des charges
www.aoc-igp.ch/_upl/files/DAM_pflichtenheft_f.pdf
Format de fichier: PDF/Adobe Acrobat – Afficher
le de la Damassine s’effectuent à l’intérieur des limites de la République et … 1 La Damassine est élaborée exclusivement à partir de damassons rouges de la …

Source 31
DÎNER À LA FERME 36: SOUFFLÉ GLACÉ À LA DAMASSINE | L …
www.illustre.ch › Cuisine/Resto › Recettes
Ingrédients pour 6 convives. 1 oeuf entier; 4 jaunes d’oeuf; 120 g de sucre; 0,6 dl de crème; 1,5 dl de damassine. SAUCE AU CHOCOLAT. 100 g de chocolat …

Source 32
Shop > Sorbets > Alccolisé > Damassine : Mini-Mag
mini-mag.ch/sorbets-alccolise-damassine-b4c1059.html
Sorbet artisanal au parfum de Damassine (eau de vie), Sorbet artisanal au parfum de Damassine (eau de vie), Sorbet artisanal au parfum de Damassine (eau …

Source 33
Tablette de Choc: Villars Noir Larmes De Damassine
www.tablettedechoc.com/2012/…/villars-noir-larmes-de-damassine.ht…
23 janv. 2012 – La maison Villars nous propose aujourd’hui une tablette de chocolat noir avec un peu d’eau de vie de Damassine. Pour ceux qui ne l’auraient …

Source 34
Jean-Pierre – tsr.ch – émissions – dîner à la ferme – recettes – desserts
www.tsr.ch/emissions/diner-ferme/…/3526410-jean-pierre.html?…
Ingrédients pour le parfait glacé à la damassine. 2 jaunes d’oeuf frais; 2 blancs d’oeuf; 1 pincée de sel; 2 cl de damassine. Etapes …

Source 35
FASNACHT Nicolas, ROTH Jean-Jacques, RAMSEIER Claude  2005
Authentification qualitative de la damassine parmi d’autres eaux-de fruits à noyau.
Mittelungen aus Lebensmitteluntersuchtung und Hygiene ISSN 1424-1307
2005 Vol 93 N°3 pp 199-209 en Français.
L’analyse en chromatographie gazeuse couplée à un spectromètre de masse (GC-MS) de 84 échantillons de Damassine et de 38 échantillons d’autres …

Source 36
Recettes :: Le Moelleux au Chocolat au Coeur de Damassine …
shop.chocolat-villars.com/le-moelleux-au-chocolat-au-coeur-de-dam…
Bloquer tous les résultats de shop.chocolat-villars.com
22 mai 2011 – Ingrédients • 120g chocolat noir • oeufs • sucre • beurre • farine • carrés Chocolat liqueur Damassine • sucre …

Source 37
Marcel Thomas
Mirabelles et Mirabelliers en Lorraine – Considérations générales.
In : Bulletin de la Société des Sciences de Nancy. Décembre 1955 Nouvelle Série Tome XIV Numéro 4 123 pages.
Très nombreuses références. – Accessible en format pdf.

  1. Selon Jean-Louis Choisel, fondateur de l’Association des Croqueurs de pommes, le sobriquet des habitants de Vandoncourt est Damas. D’ailleurs, le blason de Vandoncourt porte des prunes de Damas. C’est à Vandoncourt que fût organisé 1er avril 1979 une  journée de sensibilisation à la sauvegarde de la damassine grâce à l’appui du maire d’alors Monsieur Jean-Pierre Maillard-Salins et de l’instituteur. []
  2. En général, quand on déracine un drageon, on obtient un plant avec un gros déséquilibre entre le système racinaire et la partie aérienne. Il faut un à deux ans de croissance pour revenir à un bon équilibre entre ces deux parties. []
  3. Dans le volume 2 de l’histoire des Croqueurs de pommes, Jean-Louis Choisel cite une correspondance qu’il a reçue de de Jacques Barbier du 12 avril 1978, qui lui relatait avoir envoyé des fruitiers dont des Mirabelles de Marvelise et des damassiniers à Pierre Meynadier, passionné de plantes, demeurant dans l’Hérault à Pignan. Ces arbres étaient destinés à des vergers scolaires. []
  4. On trouvera une long chapitre sur l’historique et l’origie génétique de la mirabelle dans la publication de Marcel Thomas « Mirabelles et Mirabelliers en Lorraine » publié en 1955. C’est un livre de référence. Voir Source 37. []
  5. Selon Vautrey: L’ Ajoie en 1360 était un polygone irrégulier dont les pointes étaient: 1. La cuisine de Lucelle, 2. L’espine de Montfaucon, 3. Le pal de fer sous le pont de Goumois, 4. Le gué de Vaufrey, 5. Le grillage ddu choeur de l’eglise de Glay, 6. Le pont de pierre d’Audincourt, 7. Le chêne de Thiancourt, 8. Le gué de Joncherey, 9. Le finage de Vendlincourt et Levoncourt appelé Rossemont, 10. La cuisine de Lucelle. Je présume que Vautrey était sans doute un humoriste – S26 page 80 – []
Auteur : Jean-Marie BIDAUX
28 mars 2012 · Rubrique Variétés fruitières