Haie de pommiers “semi-vigoureuse”

Hauteur : 2 m
Largeur : 0,8-1m
(hauteur : compter 2,5 m si les variétés sont très vigoureuses et ‘plantées trop droites’)
On choisit pour cela des scions greffés sur MM106. Ce porte-greffe est très communément diffusé. Il permet d’obtenir des arbres semi-vigoureux. On en trouve sans problème chez un pépiniériste. Dans le cas d’un achat en jardinerie, comme toujours se renseigner au préalable.
Fructification : rapide – dès la 3ème année
Durée de formation : déjà après 4-5 ans, on obtient une haie bien garnie. Compter 10 ans pour qu’elle atteigne sa taille finale.
Palissage
: inutile
Distance entre les rangs (si on veut plusieurs haies parallèles) : 3-4 m
Durée de vie : Puisque la méthode de culture est « douce » et préserve l’arbre, on note naturellement une augmentation non négligeable de la durée de vie. Alors que dans le cas du MM106, on l’estime à 20-25 ans en milieu industriel où l’arbre est très (trop?) sollicité, on peut raisonnablement tabler sur une quarantaine d’années.

t 0

Plantation :
Le trou de plantation : cube de 50 X 50 X 50 cm. Si la couche argileuse est atteinte avant les 50 cm de profondeur, s’arrêter de creuser. On devra y faire des trous à l’aide d’une barre à mine et surélever lors de leur plantation, les scions de manière à ce que les arbres ne ‘s’asphyxient’ pas. Le trou sera rempli d’un mélange 50-50 de bonne terre de jardin et de compost. Éviter les terreaux du commerce et le compost vendu en déchetterie. « On ne sait pas sur quoi on tombe ». On ajoutera au fond une poignée de corne torréfiée qui assurera un apport progressif d’azote, élément qui permet l’arbre de se développer. Attention au fumier qui, lorsqu’il est insuffisamment décomposé brûle les racines. Les scions seront plantés de manière à ce que point de greffe soit à 2-5 cm de la surface du sol. Distance sur le rang, entre chaque scion : 2 à 2,5 m Les scions seront inclinés de 45° environ. On peut s’aider d’une équerre simple préalablement confectionnée (faite à partir de baguette de bois ; un angle de 45° est simplement obtenu en faisant en sorte que les deux bouts de bois constituants l’angle droit soient de la même longueur.) Pour les variétés vigoureuses, il est conseillé d’augmenter la distance de plantation sur le rang et/ou d’incliner davantage le scion.

plantation haie fruitière

t+6mois

1er été
Les pousses latérales peuvent être pincées à ce stade, il est inutile de les garder pour devoir ensuite les supprimer en hiver. Il s’agit d’un gaspillage de sève.
Si on constate que les pousses verticales, destinées à être inclinées, sont déjà fort developpées, on peut les ‘pré-pencher’ à un angle intermédiaire (20-25 degrés). On ralentit alors leur pousse tout en sachant désormais que la sève se portera davantage vers les autres rameaux et qu’ils se développeront davantage.

plantation haie fruitière

t+12mois

1er hiver :
Des pousses verticales ne manqueront pas d’apparaître. Lorsqu’elles seront assez longues et encore bien souples, Il faudra alors les incliner en les attachant à l’aide d’une ficelle et d’un piquet planté dans le sol. Puisqu’on privilégie la formation de la charpente, on supprime à ce stade (1ère année) les branches latérales. Pour éviter de blesser l’arbre avec le frottement de la ficelle, on utilise des liens épais au niveau de la branche du style bande de caoutchouc.
A ce stade, même l’arcure est éventuelle et possible bien qu’utilisée préférentiellement plus tard dans le temps.

ensuite…

Les saisons suivantes
Il est difficile d’être précis sur la conduite à suivre, à quel moment exact effectuer les interventions nécessaires. En effet, elles dépendent de la vigueur de l’arbre, de la nature du terrain qui conditionne la pousse, des conditions météo, de la longueur du scion au départ, etc… Dans un premier temps, on privilégie toutefois la formation de la charpente et ensuite on peut permettre à la haie de gagner en épaisseur. Le bon sens du jardinier en décidera.
Si une branche s’avère trop longue, il est préférable de l’incliner voire de l’arquer plutôt que de la sectionner à l’aide d’un sécateur. Pour rappel, il faut garder au maximum le bourgeon terminal (de toute manière si on coupe, il réapparaitra sur la nouvelle branche).
On réserve l’usage du sécateur pour faire une sorte d’élagage, maintenir la structure aérée, renouveller le cas échéant les branches fruitières, mais certainement pas pour effectuer de la « taille de fructification à la française ». En somme, on ne se casse pas la tête, on laisse faire la nature (qui sait très bien se débrouiller seule). Si une chose est mal faite, s’avère inappropriée, ce n’est pas grave, « l’erreur » reste rattrapable.


Cette méthode permet d’obtenir des fruits facilement en abondance.
On laisse au professionnel le gain éventuel des points de rendement supplémentaires qui permettrait d’augmenter ses ouvriers ou de payer le gasoil par exemple. Lui, il en vit et n’a pas les mêmes contraintes de celles de l’amateur.

Renouvellement des branches fruitières

Après 5 à 15 ans (certains le font dès 2 ans) , il faut procéder au renouvellement des branches fruitières comme le schéma ci-dessous le décrit :
Le rameau à renouveler est sectionné au niveau du 1er-2ème oeil. Consécutivement à cette coupe, une nouvelle branche apparait qu’on laisse se développer de manière à ce qu’elle porte finalement des fruits.

taille

Variétés conseillées

Le tout est de partir sur de bonnes bases.
Pour celà, pour ne pas avoir à traiter sans cesse contre les maladies, il faut choisir dès le départ des variétés de pommiers résistantes.
Citer toutes les variétés conseillées pour le jardin fruitier de l’amateur est impossible. Préférez tout de même les variétés autrefois traditionnellement cultivées dans votre région. D’emblée, tirez un trait sur les variétés modernes qui ne peuvent pas survivre sans traitements. Les meilleures variétés sont souvent celles de votre région. du terroir. Il y a néanmoins des « valeurs sures » comme Patte de loup, Transparente de Croncels, Borowitsky, Belle de Boskoop, Reine des reinettes, Reinette de Caux, Reinette du Mans, Reinette grise du Canada, Belle-fille de Salins, Châtaignier, Court-pendu gris, etc…
En Anjou, on peut choisir par exemple la Patte de loup, Bonne-hotture, Reinette clochard, …
La liste serait vraiment longue.

Le carpocapse

Il est des prédations qu’on peut facilement contrôler et « désagréables ». Celle du carpocapse en fait partie (croquer une pomme qui contient déjà un ver bien dodu…). Les dégâts qu’ils provoquent sont importants.

Description
En accord avec ce récapitulatif d’études complètes faites au Québec, « le piège le plus efficace consiste en une combinaison de piège lumineux et olfactif ».

Un piège fait à partir d’une simple bouteille en plastique coupée en deux et peinte en partie (entonnoir + 3-4 cm du haut du contenant) à l’aide d’une bombe de peinture jaune fluo, s’avère très efficace. Elle contient du panaché (bière + limonade) dilué dans de l’eau.

On en place un pour protéger 3-4 arbres, de mars à septembre.

La partie peinte sert d’attrait visuel tandis que le panaché fait office de piège olfactif.
La peinture fluo est préférable à la lumière vive car ce papillon a des mœurs plutôt crépusculaires. Il « sort le soir ».
Autrement on piégerait aussi les insectes nocturnes.
Les insectes diurnes « nuisibles » (mouches, frelons…) sont aussi attirés. Toutefois, les abeilles n’y sont pas.

Ce piège simple et économique donne entière satisfaction.

piege_carpo

Auteur : klakos
13 avril 2009 · dans la categorie Taille & formation